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Un début de séjour qui nous rend fébriles
Il n’y a que quelques mois, nous n’aurions jamais pensé être aussi fébriles à l’idée de recevoir du courrier. Depuis le moment où cette fameuse lettre nous invitant à nous joindre à la 92e cohorte de l’École nationale de police du Québec est arrivée, le temps passe beaucoup trop vite.
Notre cinquième semaine de formation débute déjà. Pourtant, il nous semble que c’était hier encore que nous, 72 aspirants policiers venant de cégeps des quatre coins du Québec, arrivions à l’École. Quelques jours plus tard, nous attendions à bord de nos véhicules pour effectuer un stationnement en marche arrière (assez laborieux pour certains) sous le regard de la cohorte senior. Maintenant, nous sommes de plus en plus précis lorsque nous exécutons les diverses manœuvres d’urgence durant les cours de conduite.
Pour plusieurs d’entre nous, la soirée d’accueil a été exigeante (transport des bagages et garde-à-vous dans le gymnase). Puis, nous avons fait notre premier "Vietnam", ce qui nous fait penser que nous sommes en mesure de repousser nos limites encore plus loin. Dès notre première journée de patrouille, nous avons dû mettre nos connaissances théoriques en pratique. En compagnie de notre partenaire, nous patrouillons Nicolet et répondons à divers appels provenant de comédiens ou de bénévoles embauchés afin de rendre nos scénarios les plus réalistes possible. Nous en venons parfois à nous demander où se situe la limite entre le réel et l’irréel.
N’oublions surtout pas de mentionner l’intense sensation que nous avons ressentie la première fois que nous avons manipulé une arme à feu et avons tiré en direction d’une cible. C’est avec sérieux et discipline que nous appliquons à la lettre les consignes des instructeurs de tir puisque d’importantes responsabilités sont reliées à cet aspect du travail policier.
Aujourd’hui, c’est avec nos sœurs et nos frères de la 92e cohorte que nous avançons pas à pas vers notre objectif de faire carrière en tant que policiers et policières.
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Que de péripéties dans cette partie de stage!
Les premières cinq semaines avaient été difficiles pour certains quant à l’adaptation aux règles et au mode de vie, alors que les cinq semaines qui se terminent ont été ardues pour d’autres raisons.
Nous avons commencé cette séquence avec une épreuve redoutée de la plupart des aspirants policiers, l’expérimentation de l'aérosol capsique, communément appelé l'O.C. Indescriptible est l’effet de ce produit…, mais nous savons tous que cela a fait mal! Malgré tout, l’épreuve de la douleur n’a rien à avoir avec le but de cet exercice qui le contrôle de soi et… la « dureté du mental »! Ce fut une épreuve inoubliable pour tous les aspirants de la 92e cohorte… et toutes les cohortes nous ayant précédés!
Une activité qui fut fort appréciée de tous a été l’expérimentation de situations à haut risque d’interception de véhicules. Nous avons expérimenté de soir, à l’extérieur, au froid, différentes situations stressantes et nous semblant réelles. Plusieurs d’entre nous ont été confrontés à des situations où la vitesse de réaction était de mise et où nous nous sommes rendu compte que la théorie est parfois rapidement oubliée dans la pratique.
Un cours différent et enrichissant est bien évidemment le simulateur de tir (le SAIR), où nous intervenons à l'intérieur de situations virtuelles à risque élevé qui nous poussent à de grandes réflexions quant à la prise de décision rapide en situation de stress élevé. Tout semble aller si rapidement, et on nous rappelle que dans la réalité, il n’en est pas différent.
Aussi, en intervention physique, nous avons expérimenté l’approche avec le bâton télescopique. Qui aurait cru qu'il fallait autant de techniques pour manipuler cette arme intermédiaire, sans compter tous les bleus que cela a pu nous procurer lors des pratiques. Enfin, quel bloc d’activités policières! Les interventions sont devenues plus chargées et moins évidentes par moment, sans compter les nombreux rapports à effectuer… Il a fallu s’adapter à un nouveau partenaire et s’acclimater à différentes procédures avec lesquelles nous étions moins à l’aise, entre autres la procédure d’écrou et le témoignage à la Cour. Après ces dix semaines, nous sommes sur une bonne lancée, mais savons que la pratique et le travail en groupe sont des éléments clés de notre future réussite. Cinq autres semaines…. Nous sommes… déjà la cohorte sénior! Tout se passe si vite! |